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EVOLUTION

Le changement, une nécessité vitale pour l’entreprise .Si elle veut survivre, l'entreprise  doit en permanence évoluer,  varier ses  offres et externaliser les fonctions qui ne correspondent pas à ses  compétences.

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Infos sur le Sénégal pour les Franchiseurs PDF Imprimer Envoyer

ETUDE DE MARCHE :

1.    Bref rappel :
Les décennies précédentes ont vu un désengagement excessif de l’Etat vis-à-vis du développement du secteur privé, se traduisant par différents dysfonctionnements tels que l’absence d’une vision et d’objectifs consensuels, le manque d’articulation entre les différents cadres de concertation nationale et les perturbations liées à l’intervention non coordonnée des bailleurs. Conscient de cette situation, les organisations du secteur privé se sont efforcées, ces dernières années, de développer la concertation entre elles et de renouer le dialogue avec l’État afin d’élaborer une stratégie conjointe. Celle ci est basée sur une nouvelle vision consensuelle du développement où l’État joue un rôle de facilitateur et d’arbitre impartial en relation au marché, s’efforçant d’éliminer ses défaillances et fournissant les biens publics et les institutions qui le complètent.
Ces travaux de concertation se sont déroulés à différents niveaux –commissions thématiques, réunions informelles, rencontres structurées avec le Gouvernement - avec notamment l’appui du GRCC (Groupe de réflexion pour la compétitivité et la croissance), espace de dialogue proposé par la Banque Mondiale, mettant un fonds d’étude à disposition des participants. Toutes les fractions du secteur privé regroupées dans un collectif CPDS-GES-UNACOIS ont pu ainsi contribuer à l’élaboration d’une stratégie de développement du secteur privé relativement complète et débouchant sur un plan d’actions prioritaires proposé au Gouvernement, qui l’a entériné officiellement en Avril 99. L’inexistence d’un espace de dialogue spécifiquement réservé aux PME ou d’une organisation patronale parlant particulièrement en leur nom, n’a pas permis à cette réflexion stratégique de grande ampleur d’examiner plus précisément les intérêts propres à ce segment spécifique du secteur privé.

2.    Le secteur privé au Sénégal : la stratégie de développement :
Le plan d’action prioritaire retenue dans le cadre de cette nouvelle stratégie de développement du secteur privé s’articule sur 4 composantes, chacune sous la responsabilité d’une Commission chargée de son suivi:
    Modernisation du dispositif d’appui : création de l’Agence Nationale Chargée de la Promotion de l'investissement et des Grands Travaux (APIX), de l’Agence de Développement des PME (ADEPME), restructuration des domaines industriels et de financement (création d’une Cellule de Coordination du Financement -CCF) ;
    Renforcement des capacités du secteur privé (renforcement des organisations patronales et  consulaires et ajustement interne des entreprises) ;
    Simplification des procédures administratives et de justice ;
    .Réforme du système de formation professionnelle (amélioration de l’environnement, création d’un fonds de promotion, mise en place des organes de coordination).

3.    Décentralisation :
L’activité économique du pays reste fortement centralisée à Dakar et globalement dépendante de cette capitale économique et administrative, principal marché, seul port maritime et aéroport et unique lieu de délivrance des autorisations et certifications. Les efforts de décentralisation ont eut un faible impact sur les MPME locales. En effet la politique volontariste de décentralisation se heurte aux limitations des services techniques locaux, aux manques de ressources financières des collectivités en l’absence d’aménagement de la fiscalité locale, à la faible capacité stratégique des élus locaux et à la faible participation des populations. Par ailleurs le secteur privé n’a pas été suffisamment impliqué dans ce processus. La mission clé de l’Artisanat est déclarée « non transférable » et reste dépendante de l’autorité centrale, ce qui peut générer des tensions avec les autorités locales. L’ADM (Agence de Développement Municipal) a été créé pour aider les communes à améliorer leur gestion financière, la mobilisation des ressources fiscales, le programmation des investissements urbains prioritaires. Malgré la réalisation de quelques aménagements de sites industriels ou artisanaux par certaines communes, l’ADM n’encourage pas assez les mesures visant à la délocalisation des industries concentrées à Dakar.

4.    Etat de la formation professionnelle :
La formation professionnelle de la main d’œuvre et du dirigeant est couramment mentionnée par les petits entrepreneurs comme un de leurs principaux besoins. Elle est également mentionnée comme un besoin des micro-entrepreneurs. Malgré cela on constate généralement au niveau des MPE une productivité insuffisante due au manque de qualification technique du personnel, trop souvent à caractère familial, et au manque de formation managériale du dirigeant pour les petites entreprises. De fait elles investissent peu dans une politique systématique de formation continue.
D’une part elles ont des difficultés à financer le coût complet de la formation professionnelle, et sont dès lors dépendante des formations qui leurs sont offertes. D’autre part l’offre de formation professionnelle n’est pas suffisamment adaptée à leurs besoins. En amont, l’enseignement technique public est relativement désorganisé, dévalorisé et insuffisamment relié aux attentes du secteur privé (notamment pour les femmes). En aval, l’offre privée de formation continue se développe mais est encore insuffisante, non coordonnée et s’adresse plutôt aux grandes entreprises qui ont les moyens d’en assumer les coûts. Le système de l’apprentissage qui prévaut dans le secteur informel constitue un dispositif de formation professionnelle exemplaire, qui assure la qualification du plus grand nombre d’opérateurs. Mais la pédagogie qu’il met en œuvre manque d’enseignement théorique, se fondant trop sur la répétition des gestes de métier, et ce système non structuré offre peu de garanties quant à la qualification des maîtres et à la qualité de leur enseignement.
L’environnement institutionnel comprend environ 25 centres publics de formation professionnelle intéressant les artisans et PME, auxquels s’ajoutent les ateliers artisanaux et les actions menées par les chambres consulaires et autres organisations professionnelles (FENAPH…).
Le CNQP (Centre National de Qualification et Perfectionnement Professionnel) à titre d’exemple, pratique la formation continue à 50% de son activité, mais à 95% pour les entreprises industrielles structurées, plutôt à destination des employés que des patrons, et avec une forte orientation vers les publics en recherche d’emploi.
Il y a deux Fonds de Financement de la Formation Professionnelle : ONFP (Office national de formation professionnelle) et FSP (fonds de solidarité prioritaire- coopération française), dont le fonctionnement est jugé très contraignant au regard des besoins des MPE. L’ONFP ne parvient à financer que 55% des demandes de formation reçues, soit 20% de la demande globale. Son mode de financement à 100% du coût n’encourage pas le développement autonome d’un marché de la formation professionnelle. La Coopération Française à soutenu la création au sein de l’École Supérieure Polytechnique d’une structure de formation continue pour le secteur du BTP appelée CRIF-BTP, qui offre des modules de spécialisation, de la formation à la carte, et des services d’appui technique et d’information. Les initiatives de formation en faveur de l’Artisanat comprennent :
    la restructuration du centre de formation de la CCIAD (chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar) autour de l’opération « 1000 apprentis » financé par la France
    le Projet Artisanat de la Fondation Frederich Erbert, actuellement clôturé : 120 séminaires / an de 89 à 98 sur les 10 régions, organisés par les Chambres des Métiers en fonction de la demande des artisans (coût de 5000 CFA par participant, durée 3 à 5 jours renouvelé après 6 mois, formation par maître artisan rémunéré 10 000 CFA/jour)
     les appuis de l’État : 200 millions CFA sur 3 ans pour la formation de 400 apprentis par 50 maîtres dans 5 secteurs porteurs (menuiserie bois et métal, mécanique, maçonnerie, confection), 180 millions CFA sur 3 ans pour la formation et l’installation des artisans de la forge fonderie, 40 artisans de 10 régions installés sur des sites aménagés par les collectivités locales.

5.    Aide à la création et installation d’entreprises :
    Les créateurs d’entreprise ont des difficultés à financer la phase de recherche-développement de leur activité. Par ailleurs ils manquent d’infrastructures de démarrage. Dans ces conditions,
    beaucoup de commerçants qui ont le capital nécessaire pour investir hésitent à se lancer dans l’investissement productif par peur de la visibilité de leur avoirs, des problèmes de gestion de la main d’œuvre, etc.. Les porteurs d’initiatives économiques, notamment en milieu rural, ont de grandes difficultés à concrétiser leurs idées de projets d’entreprise.
Il y a un déficit évident de pépinières ou incubateurs d’entreprises et de sites adaptés aux besoins des MPME au Sénégal. Les domaines industriels sont utilisés comme outil de promotion ciblé sur la petite entreprise et l’artisanat, mais sans encadrement technique ou de formation, et avec des incitations fiscales et administratives qui créent des distorsions par rapport au reste du secteur. Ces domaines fonctionnent souvent à perte à cause de leurs amortissements élevés.

6.    Appui conseil : dispositifs, institutions et projets :
Il existe aujourd’hui des structures et des projets chargés de l’appui aux entreprises au Sénégal, mais celles ci s’adressent peu aux micros et petites entreprises. Par ailleurs, leur offre en matière de conseil n’est pas spécifiquement adaptée aux enjeux et aux difficultés des MPE agroalimentaires et artisanales par exemple. Les MPE ont donc assez peu  accès à des services d’appui conseil répondant à leurs besoins et correspondant à leur pouvoir d’achat. En conséquence elles n’ont pas l’habitude d’investir dans ce type d’appui. Le « marché » des services d’appui aux petites entreprises est donc globalement défaillant : la demande potentielle (bien que sous-tendue par un réel besoin) ne rencontre pas l’offre existante.
Cette situation résulte en partie de l’inadéquation des services offerts aux MPME par les structures d’appui paraétatiques mises en place dans les décennies précédentes. Les projets d’appui aux PME qui ont tenté de suppléer à ces déficiences n’ont généralement pas su se laisser guider par la demande, bâtissant une offre de services qu’ils n’ont pas pu pérenniser. Par  ailleurs, bien que l’on ait pu  observer  récemment un développement du marché privé de la consultation pour les PME, celui-ci s’adresse prioritairement aux grandes entreprises ou aux plus grosses PME et concerne assez peu la cible des Petites Entreprises. Le métier de consultant est peu structuré au Sénégal, fort peu soutenu en formation continue, et le vivier de prestataires nationaux manque de spécialisation dans des domaines stratégiques pour les PME, comme la technologie, le marketing, la qualité, etc.

7.    Au Sénégal,  les actions menées par des ONG :
Les ONG jouent également un rôle d’intermédiation entre des MPE et des prestataires avec des actions d’accompagnement (promotion, études et suivi du marché). C’est le cas notamment d’Enda graf (notamment projet d’appui à l’entreprenariat féminin responsable – PER), du Gret, de l’Aprofes (association de promotion de la femme sénégalaise) à Kaolack, l’Asacase (Association Sénégalaise pour l’Appui à la Création d’Activités Socio- Economiques) à Ziguinchor, le CAEF (Centre africain pour l’entreprenariat féminin), Ewa
(ONG autrichienne), ADPES (association pour une dynamique de progrès économique et social), Terre des hommes et La Kora (appui artisanat).

8.    Conseillers d’entreprises : un fort potentiel à développer au Sénégal :
Au Sénégal, il existe de nombreux consultants. Les réductions des effectifs dans différents secteurs ont poussé certains cadres à s’installer. Les bureaux d’études sont intéressés à apporter un conseil commercial aux petites et micro entreprises, et perçoivent qu’il peut y avoir là un champ de développement pour eux-mêmes. Mais leur pratique professionnelle n’est pas en général adaptée aux MPE. En effet, le marché actuel du conseil les pousse à rechercher des missions importantes auprès de bailleurs de fonds internationaux ou d’entreprises moyennes ou grandes, dont les missions sont aujourd’hui plus rémunératrices. Par ailleurs, leur pratique professionnelle s’est déroulée auprès de grandes entreprises ou de grandes institutions.
L’offre de bureaux d’études ou les consultants indépendants qui affichent des compétences en marketing et études de marché s’est développée. Pour l’instant, ils se positionnent pour répondre davantage à une demande de PME et d’industriels et possèdent pour certains (universitaires) des connaissances plus théoriques que pratiques. Certains sont cependant intéressés à développer une expertise de conseil aux MPE.
Une offre de service moins spécialisée (généralistes, animateurs de projets et d’ONG) ou axée sur la gestion et la comptabilité existe également autour de conseillers ou « animateurs » (notamment au sein d’ONG). Plus proches des petits entrepreneurs, ils proposent leurs services à des coûts plus adaptés au segment d’entreprises visé et souhaitent renforcer leurs compétences dans le domaine de la commercialisation et du marketing. Le métier de consultant est peu structuré au Sénégal, fort peu soutenu  en formation continue, et le vivier de prestataires nationaux manque de spécialisation dans des domaines stratégiques pour les PME, comme la technologie, le marketing, la qualité, etc. Un important travail de formation reste à faire pour adapter les méthodes des consultants aux problèmes des micros et petites entreprises. En contrepartie, certains consultants ou chefs d’entreprise, eux-mêmes commerciaux pour de grandes enseignes (Coca-Cola, …) disposent de bases méthodologiques précieuses à valoriser. Si certains bureaux locaux ont des compétences en marketing, très peu disposent des méthodes formalisées, et aucun n’a formalisé l’information stratégique sur la consommation et la distribution des produits alimentaires et plus globalement sur les marchés indispensables à la production d’un conseil de qualité.